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September 16, 2026
·
5
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Ce que signifie vraiment « 90 % d'adoption des technologies en entrepôt »

Découvrez la réalité derrière le taux de 90 % d'adoption des technologies en entrepôt et son effet sur les activités modernes.

Don Marino
Publié par
Don Marino

Ahearn & Soper Inc.

Si vous avez lu cette année quelques articles sur les tendances de l'entreposage et de la chaîne d'approvisionnement, vous avez sans doute croisé une version de la statistique « neuf entrepôts sur dix investissent dans de nouvelles technologies ». Elle est souvent citée, généralement hors contexte, et laisse habituellement entendre que l'automatisation est déjà partout, sauf dans votre bâtiment.

Le fait est que ce chiffre de 90 % est réel. Il provient de la Warehousing Vision Study de Zebra Technologies, l'une des études primaires les plus citées de l'industrie. Mais il ne s'agit pas d'un seul chiffre : ce sont au moins trois constats différents, issus d'années différentes, qui mesurent des choses différentes. C'est en les confondant qu'on finit soit par paniquer en se croyant en retard, soit par rejeter toute la tendance comme du bruit marketing. Aucune de ces deux réactions n'est utile. Voici donc ce que mesure chaque « 90 % », et ce que cela signifie pour un entrepôt qui n'a encore presque rien automatisé.

Les trois 90 % différents

1. « Près de 90 % conviennent qu'ils doivent se moderniser pour rester concurrentiels » (étude de 2022) : une attitude, pas une action. La Warehousing Vision Study 2022 de Zebra a révélé que près de neuf exploitants d'entrepôts sur dix convenaient de la nécessité de mettre en place de nouvelles technologies pour rester concurrentiels dans l'économie à la demande. C'est l'énoncé d'une conviction. Il vous indique que les mentalités ont changé, mais pas ce que qui que ce soit a installé.

2. Les robots mobiles autonomes en voie d'atteindre 90 % d'adoption (étude de 2022, prévision sur cinq ans) : une projection pour une technologie précise. La même étude a révélé que 27 % des exploitants d'entrepôts avaient déjà déployé une forme ou une autre de robot mobile autonome (AMR) à ce moment-là, et que cette proportion devait grimper à environ 90 % d'ici cinq ans. Cette prévision situe l'année cible vers 2027, ce qui signifie que nous sommes actuellement dans la période où cette prédiction est censée se confirmer ou non. À surveiller : si votre centre de distribution n'a pas encore adopté d'AMR, vous n'êtes pas en retard selon le propre échéancier de l'étude, mais la marge de manœuvre rétrécit.

3. Neuf sur dix prévoient d'investir dans la visibilité de la chaîne d'approvisionnement (Warehouse Vision Study plus récente de Zebra) : un plan d'investissement, pas un déploiement achevé. La plus récente étude de Zebra, citée dans ses annonces entourant ProMat et Automate 2025, avance un chiffre apparenté mais distinct : au cours des cinq prochaines années, neuf décideurs d'entrepôt sur dix prévoient d'investir dans des technologies qui accroissent la visibilité de la chaîne d'approvisionnement. Il s'agit d'une intention d'investissement tournée vers l'avenir, et non d'un bulletin de ce qui est déjà en service dans l'entrepôt.

Remarquez la tendance : aucun de ces trois chiffres ne dit que « 90 % des entrepôts sont déjà automatisés ». Il s'agit d'une attitude, d'une prévision sur cinq ans pour une catégorie technologique précise et d'une intention d'investissement sur cinq ans pour une autre catégorie. Les trois sont légitimes et méritent votre attention, mais la lecture honnête est « l'industrie a choisi cette direction », et non « tous les autres y sont déjà arrivés ».

L'écart entre planifier et agir, et pourquoi il est plus mince qu'avant

Si vous cherchez à décider quoi faire cette année plutôt que quoi penser de l'industrie, le chiffre le plus intéressant est celui de la pression. La plus récente Warehousing Vision Study de Zebra a révélé que 70 % des décideurs d'entrepôt subissent actuellement une forte pression pour se moderniser, et que 63 % prévoient d'accélérer leurs échéanciers de modernisation. C'est une part importante de l'industrie qui affirme que la pression n'est plus hypothétique : c'est un problème de cette année, et non une préoccupation à cinq ans.

Une partie de ce qui alimente cette pression n'a pas grand-chose à voir avec la technologie : c'est la croissance physique qui dépasse les modèles d'exploitation actuels. Interact Analysis prévoit que la superficie mondiale des entrepôts augmentera d'environ 27 %, passant de 33 milliards de pieds carrés en 2023 à 42 milliards d'ici 2030, tandis que les dépenses de main-d'œuvre en entrepôt croîtront à un taux annuel composé d'environ 7 % au cours de la même période. Plus d'espace et des coûts de main-d'œuvre plus élevés, sans plan pour rendre chaque pied carré et chaque heure de travail plus productifs : voilà exactement ce qui transforme « se moderniser un jour » en « se moderniser dans ce cycle budgétaire ».

Les travailleurs de première ligne racontent une histoire cohérente, de l'autre côté de cette pression. Dans cette même étude récente, 85 % des employés d'entrepôt ont affirmé que si leur employeur n'investit pas dans la technologie, l'entreprise n'atteindra pas ses objectifs. Par ailleurs, dans l'étude de 2022 de Zebra, environ huit employés sur dix ont indiqué que des changements positifs étaient déjà en cours dans leur milieu de travail malgré la pénurie de main-d'œuvre, en partie grâce à une meilleure adoption de la technologie. Selon ces données, les travailleurs ne sont pas un obstacle à la modernisation. Au contraire, certains en ont plus envie que les décideurs eux-mêmes : dans l'étude récente, 74 % des employés se disent préoccupés de passer trop de temps sur des tâches qui pourraient déjà être automatisées.

Ce qui se cache derrière le chiffre

Si l'on met de côté la statistique vedette, la conversation sur les « 90 % » porte sur quatre catégories d'investissement distinctes, qui avancent chacune à son propre rythme :

  • Automatisation des flux de travail et robotique. C'est l'histoire des AMR présentée plus haut, à laquelle s'ajoutent l'étiquetage par impression-pose, le tri automatisé et la lecture de codes à barres intégrée aux convoyeurs. C'est la catégorie la plus exigeante en capital, et celle que la plupart des gens imaginent quand on parle d'automatisation des entrepôts.
  • Visibilité et suivi des actifs. La RFID en est l'exemple le plus clair : l'étude de 2023 de Zebra a révélé que 58 % des décideurs prévoyaient de déployer la RFID d'ici 2028, en plus d'investir plus largement dans des outils de visibilité de la chaîne d'approvisionnement. Cette catégorie vise à savoir où se trouvent les choses, pas forcément à les déplacer plus vite.
  • Modernisation des appareils de première ligne. Ordinateurs mobiles, appareils portés, imprimantes mobiles et tablettes robustes : les outils que chaque travailleur utilise à chaque quart de travail. C'est généralement la catégorie la plus simple et la plus rapide à déployer, et souvent celle qui offre le rendement le plus rapide, puisqu'elle n'exige pas de revoir un processus physique.
  • Logiciels d'optimisation de la main-d'œuvre. Gestion des tâches, attribution dynamique des emplacements, modélisation de scénarios : des logiciels qui s'ajoutent à l'infrastructure existante pour tirer le meilleur parti de la main-d'œuvre dont vous disposez déjà. La récente étude de Zebra désigne précisément l'optimisation de la main-d'œuvre comme l'un des domaines où les décideurs prévoient d'accélérer leurs investissements au cours des cinq prochaines années.

La plupart des entrepôts qui semblent « en retard » par rapport au chiffre de 90 % ont progressé dans une ou deux de ces catégories, habituellement les appareils de première ligne, tout en supposant que toute la conversation porte sur la robotique, soit la catégorie la plus coûteuse et la plus longue à mettre en place. C'est un problème de perspective, pas nécessairement un véritable retard.

Que faire si vous n'avez pas encore commencé

Vous n'avez pas à vous attaquer aux quatre catégories en même temps, et rien dans les données n'indique que qui que ce soit le fait. Voici une séquence raisonnable pour un entrepôt qui en est aux premières étapes :

  1. Commencez par mettre à jour vos appareils de première ligne. Si votre équipe utilise des ordinateurs portatifs ou des lecteurs de codes à barres vieillissants, c'est l'étape de modernisation la plus rapide et la moins risquée, et c'est la catégorie que les travailleurs eux-mêmes disent souhaiter le plus.
  1. Réglez la visibilité avant d'automatiser les déplacements. La RFID et une lecture de codes à barres plus rigoureuse vous indiquent ce que vous avez et où cela se trouve; automatiser un processus que vous ne voyez pas clairement ne fait que déplacer le même problème plus vite.
  1. Faites de la robotique et de l'automatisation lourde une décision de volume, pas une décision de tendance. Les AMR et l'impression-pose ont du sens une fois que le volume le justifie; s'y lancer parce que « 90 % de l'industrie le fait », sans le volume nécessaire, c'est ainsi que les projets d'automatisation s'enlisent.
  1. Utilisez les logiciels d'optimisation de la main-d'œuvre pour gagner du temps. Si vos capitaux sont limités cette année, un logiciel qui tire davantage de votre effectif et de votre parc d'appareils actuels est souvent la décision offrant le meilleur ROI à court terme.

Si vous voulez de l'aide pour déterminer où se situe réellement votre exploitation par rapport à tout cela, et laquelle des quatre catégories mérite d'être priorisée en fonction de votre volume, de votre parc d'appareils et de votre cycle budgétaire, c'est une conversation qu'Ahearn & Soper a régulièrement avec les équipes d'entrepôts et de centres de distribution, qu'il s'agisse d'ordinateurs mobiles, de lecteurs de codes à barres, de RFID ou des logiciels qui relient le tout. Nul besoin d'adhérer à toute la feuille de route d'un coup : la plupart des entreprises avec lesquelles nous travaillons choisissent une catégorie à bien réussir cette année, plutôt que de viser la totalité des quatre-vingt-dix pour cent en un seul budget.

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